15h30 Comme en pleine nuit, au fond d'un bar très sombre, en face de cette jeune fille, innocente encore.
Le monde entier s'arrête lorsqu'elle ose vous sourire. Elle vous parait influençable, cigarette à la main, un peu lassée de cet endroit.
Elle y passe toute sa jeunesse, à boire des pressions, et à marmonnait des vieux airs de rock'n'roll encore à la mode. Elle est reine du monde, de son monde, un peu égoïste, des cernes sous les yeux comme si elle venait de passer la nuit à se droguer d'un air un peu malsain. A lui poser certaines questions, elle mettait mal à l'aise, un peu névrosée par dessus tout ça. Sa beauté venait de ce corps lassée, de ses cheveux emmêlés, de sa frange qui lui coupait le visage, de son odeur de cigarette et de vanille. Insouciante. Elle avait le sexe, les premières taffes de cigarettes et l'insouciance suffisante pour pouvoir être libre, épanouie presque. Elle se trouvait décadente et cela lui plaisait jusqu'à en être triste.
" - Qu'est ce que c'est ?
Ça, c'est ce qui rythme ma vie. Mon adolescence est parti de là, du jour où j'ai écoutais, pour la première fois, une chanson de R. A partir de là, je me sentais différente, un peu plus fêlée encore car je n'ai pas toujours été comme je suis. J'étais sage et gentille jusqu'au jour où j'ai compris que le monde pouvait m'appartenir. Je pris conscience que je n'avais en aucun cas besoin de grandes choses pour m'extasier. Je suis insouciante et ne comprend pas les gens qui me mettent en garde. Contre...contre quoi? C'est à partir de là que j'ai commençais à détruire mon corps. Tout le monde me suivait, m'avaient ils seulement attendu? Ou n'avais je pas encore remarquer qu'ils étaient déjà partis, sans moi. Je ne sais pas vraiment... Oui...je crois que c'est à partir de là que la poupée en moi s'est déglingée. Que mon monde est devenue plus libre. Bien sur, j'ai vécu pleins d'histoires qui aurait pu me renvoyer à la réalité, on se servait de moi et je me servais des autres. Seulement, je trouvais ça excitant, être l'objet de certains et ne pouvoir rien faire contre, être dans l'impossibilité suprême à faire changer les choses. Avais je envie que ça change?
Mon adolescence, je n'ai pas envie qu'elle change, j'aime le son des bouteilles qui se fracassent. ...etc "
Allait elle seulement bien? Je ne la connaissais à peine, un peu par rumeurs. A me dire qu'elle était souvent tombée amoureuse, de n'importe qui, elle me faisait rêver, un peu peur tout de même. Elle se droguait à peine, et sous ses airs d'extrême, elle semblait bien sensible à parler de liberté et d'innocence.
Vêtu d'un slim déchirée un peu partout, allant du genoux à l'entrecuisse, elle précisait que c'était l'euphorie des nuits les plus obscurs. " J'aime me dire que toute ma vie sera comme ça, je ne pense pas un instant avoir envie d'évoluer. Même en étant lassée, j'y resterai. C'est si jouissif de ne pas vivre. " Tout le monde se tue à vivre. Cette fille, si jeune encore, avait tout compris de sa vie, ne voulait pas vivre mais exister à en crever, se rêvant à deux milles à l'heure, saoule, déchirée par les garçons qu'elle veut, qu'elle a. " Le problème, c'est que les gens me tuent, oui, de leurs yeux magnifiques, ils me tuent. " Compliquée, mystérieuse, slut, weird. Elle est bien dans son éternité, un peu oppressés parmi eux, libérée par la musique, indépendante et dépendante à la fois, de tout, de rien.
Et après ? " Je serai toujours déçue, par moi, par eux, par le temps qui passe. " C'est un peu comme la fée d'un conte raté, une fée venue trop tard et qui ferait capoter la fin prévu pour être heureuse, une fée qui n'empêcherait rien en somme, ni les espoirs piétinés, ni les regrets qui vont avec, une fée juste triste, une heure ou deux un soir par semaine.